Le sidekick dont j'avais visiblement besoin
Visiblement, avoir un chien, c’est acheter un DLC social. Tu fais une adoption, et d’un coup t’as accès à des interactions que t’avais pas débloquées avant. Genre vraiment, mise à jour du perso :
+3 en charisme
-4 en invisibilité
+6 en plan drague un peu foireux
+12 en gêne sociale critique
Avant, souvent, très souvent, je pouvais traverser une rue entière sans que personne capte que j’existe. Limite je pouvais flotter grâce à l’air battue par mes bonjours sans réponse. Là maintenant, je sors avec ma chienne, Bowie et je suis devenu une attraction locale (j’ai pensé à niche mais pas sûr que le jeu de mot passe). Il manque juste un panneau “veuillez ne pas nourrir, il est déjà maladroit”.
Ce matin, balade classique. Tour post dodo, il est 6h du matin, tranquillement, je me sens audacieux… je tente une variante. Une boucle plus grande. Attention, prise de risque maximale, j’ai frôlé l’aventure. Le soir, je refais EXACTEMENT la même boucle. Et là… embuscade sociale.
Trois personnes. Trois. On quitte le mode balade, on passe en entretien d’embauche à ciel ouvert.
“Vous êtes nouveaux ? Vous faites quoi dans la vie ?”
Alors déjà, on est passé de “bonjour” à “LinkedIn IRL” en 4 secondes.
Et évidemment, la chienne sert de cheval de Troie.
“Elle est mignonne ! Elle a quel âge ? Elle mange quoi ? Elle a un projet de carrière ?”
Et là, le moment le plus lunaire : une meuf arrive en face… elle me voit… et elle change de trottoir. Mais pas en mode “j’ai peur”, non non. Elle change pour venir sur MON trottoir. En mode “TARGET LOCKED : CET HOMME ET SON CHIEN”.
Elle traverse pour venir me parler. Je suis tout en noir, j’ai mes tatouages, ma barbe de trois jours, le regard bresom parce que j’écoute de la musique hardcore (rdv à la fin de l’article). Logiquement j’attire personne. Sauf qu’au bout du bras, j’ai une laisse et au bout de la laisse, j’ai un golden retriever de 8 mois trop chou. C’est comme si tu mettais Dark Vador avec un chowchow. Il y a un processus d’annulation des effets.
Bref, mon cerveau, il panique :
“Danger. Interaction humaine imprévue. Procédure d’évacuation.”
Mon sens aiguisé de la socialisation — développé après des années d’entraînement intensif à éviter les gens — me fait sortir un magnifique :
“…bonjour.”
Avec l’énergie d’un ticket de caisse et la voix qui se mix entre Titeuf et les wookasserie de Chewbacca. Mais ce n’est pas fini:
Je lui mets un vent d’une pureté… mais vraiment artistique. Un vent que tu pourrais encadrer. Et je pars, tranquille. Convaincu d’avoir géré une interaction normale.
Et c’est seulement en rentrant chez moi que mon cerveau fait :
“Attends… attends… attends…”
Tu sais, le moment où toutes les scènes se rejouent mais avec les sous-titres activés. Comme un Sherlock un peu loser qui tisse des liens sur un panneau en liège.
“Ah… elle changeait pas de trottoir pour le cardio.”
“Ah… les gens posaient pas des questions pour un sondage INSEE.”
“Ah… j’étais peut-être… intéressant ?”
Consternant ? Un peu.
Mais en même temps, ça me rassure.
Parce que ça confirme un truc que je dis souvent :
si tu me dis pas clairement les choses… je comprends RIEN.
Zéro signal.
Même un panneau lumineux “DRAGUE EN COURS” je ferais :
“Hmm… peut-être une promo sur les chiens ?”
Mais bon. Le bon côté, c’est que maintenant… les gens savent que j’existe.
Le mauvais, c’est que moi, j’en suis toujours pas sûr.
La chanson que j’écoutais premier degré:

Bowie est un superbe produit d’appel. Elle a de belles promenades devant elle… Toi aussi t’es « Beau oui comme Bowie » (bon ok c’est pas hardcore mais Adjani). Plein de 😘 à la plus belle. (Nota on peut la voir?)
Tu m’as fait trop rire 😂 la façon dont tu as écris la chose, j’ai trop aimé ! Depuis que l’on a notre 2 ème chiens, on connait tous notre quartier. À la limite d’un gang de chien 😂 ils sont de vrai pass à la civilisation